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Hot tonne !

Publié le par BLANCAFORT

Hello les blogos ! Hot tonne la blogose !

 

(…) Sarah retroussa la manche de son tee-shirt sur son épaule, découvrant ainsi une peau blanche et lisse. Avec son majeur posé dessus, elle esquissa une arabesque byzantine qu’elle répéta mécaniquement, telle une caresse instinctive et intime. Elle se replongea de concert dans son livre.

Attirée par ces entrelacs charnels, Juliette, sa voisine de terrasse, suivait les mimiques du majeur actif de Sarah et ouvrit grand son imaginaire. Elle se figurait amante, et le doigt de l’inconnue, le sien. De galbes en galbes, de circonvolutions en arabesques lascives, elle descendit le long du corps de sa proche voisine, inconsciente du désir qu’elle suscitait malgré elle. Juliette, dont les picotements au ventre ne cessaient d’affluer, atteignit les berges renflées du ru d’abondance. Elle s’y attarda et, tel le flux et reflux d’une mer dans une étroite calanque, elle mêla son majeur et désormais son index aux parois humectées de jus, découvrant les courbes et creux, les sinuosités et les anfractuosités confidentielles et ardentes de ce ru génésique. Une bouffée caniculaire la saisit et mit ses sens en vrac, comme mus par un big-bang originel.

Surprise par ce déchaînement sensoriel et chimérique, Juliette détourna son regard de Sarah, la belle inconnue faiseuse d’arabesques, et reprit ses esprits en terminant son expresso cul sec. Désarçonnée, bien qu’amusée, elle regarda ses doigts et les sentit comme pour mieux se convaincre du délire passager. L’odeur était sienne. Elle sourit et s’apprêtait à partir. Elle héla le garçon de café et…

-Pardon ?

Juliette leva la tête et vit Sarah debout devant elle. Un frisson. L’échine tendue.

-Oui ?

-Je suis désolée de vous importuner, mais auriez-vous du feu s’il vous plaît ?

Juliette, en même temps que son trouble, aperçut le livre que tenait Sarah dans sa main : « Passion simple » d’Annie Ernaux. De son autre main, elle tenait une cigarette longue et fine.

-Euh oui… je… je suis en feu.

-Pardon ? Vous voulez dire que vous avez du feu ?

Juliette se désintégra et son visage s’empourpra, des joues au front.

-Bien… bien entendu ! C’est ce que je voulais pire… euh… dire.

Ce n’était plus un balbutiement chargé de lapsus, c’était un naufrage. Juliette sortit son feu et alluma, elle-même, la cigarette de Sarah.

L’une et l’autre se regardèrent et le temps, un temps diffus, fut suspendu.

-Merci pour le feu… en vous…

Touchée, coulée ! La bataille navale était pliée d’avance. Juliette tenta un semblant de contenance.

-C’est… c’est l’aut…

-Hot ?

-… l’automne.

-J’aime beaucoup ! (…)

Retrouvez les aventures de Juliette, l’automne prochain, en 2027, après avoir, une fois de plus, perdu aux élections.

Vivement aujourd’hui !

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Automne

Publié le par BLANCAFORT

Automne

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Scrogneugneu !

Publié le par BLANCAFORT

Scrogneugneu !

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Portrait abscons !

Publié le par BLANCAFORT

Portrait abscons !

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Là las land

Publié le par BLANCAFORT

Hello les blogos ! Lasse faire la blogose !

 

Pourquoi suis-je ainsi las de tout ? Pourquoi cet accablement intrusif gâche-t-il à ce point les menues joies quotidiennes, bien que furtives, et pourtant impératives ? Pourquoi, cependant acquis à toutes ces nobles causes, suis-je si usé et irrité par les discours et diatribes envers les affres mortifères de notre époque ? Pourquoi cette lassitude ? Est-ce cette anxiété contemporaine, tant référencée, cette solastalgie qui muselle la force d’âme ? Une âme que, depuis longtemps, je considère comme nulle et non avenue. Et pourtant, je sens bien qu’elle se tarit.

Mais je suis las.

Je suis las du fond qui néglige la forme.

Je suis las d’ouïr qu’un film n’est qu’un « aimable » divertissement.

Je suis las de l’art contemporain qui merdifie le beau et qui n’est contemporain que par le gigantisme.

Je suis las des individus qui se rendent à la fondation Louis Vuitton admirer la spéculation faite thune triviale et colorée.

Je suis las de cette mode insensée qui glorifie les maîtres queuses et queux plus adeptes des pinces à épiler que des cuillères.

Je suis las des émulsions et autres alchimies précieuses.

Je suis las de trier consciencieusement mes poubelles pour sauver la planète.

Je suis las de l’inculture et de l’affirmation de celle-ci.

Je suis las du tout-numérique et de sa prépotence forcée.

Je suis las d’associer le travail à l’émancipation de l’être.

Je suis las d’allier la démographie à l’équilibre financier des systèmes de retraite.

Je suis las du bouchon en plastique aggloméré au goulot.

Je suis las de l’hygiénisme, de la tolérance zéro et de la sécurité tyrannique.

Je suis las du « parler vrai ».

Je suis las des opinions des gnous.

Je suis las de tant différencier les dictatures du Sud des démocraties du Nord.

Je suis las de la nécessité de la modernité.

Je suis las de l’aveuglement du dopage dans tous les sports professionnels.

Je suis las du ruissellement attendu.

Je suis las de la méritocratie inique.

Je suis las des chanteuses molles qui susurrent leur mal-être.

Je suis las des repentis.

Je suis las des débats frelatés.

Je suis las des mensonges qui, répétés à l’envi, font une vérité.

Je suis las des salons professionnels du bien-être.

Je suis las d’être las.

Je suis là…

… et combien j’en suis heureux.

Vivement l’automne !

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Vieux dessin et hommage

Publié le par BLANCAFORT

Vieux dessin et hommage

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Merde à Gauguin !

Publié le par BLANCAFORT

Merde à Gauguin !

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Un zozio

Publié le par BLANCAFORT

Un zozio

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Le fond de l'air effraie

Publié le par BLANCAFORT

 Hello les blogos ! Miam mi âme la blogose !

 

Le fond de l’air effraie !

Ce n’est rien de le dire. Mais bon, vice repetita comme l’on dit, et comme il faut s’exalter ou exalter le monde, voyons plus en détail ce qu’il y a de gaieté et de réjouissances en ce bas monde.

Voyons voir. Hmm hmm. Attendez, je me rapproche. Toujours pas. Je scrute, j’inspecte, je sonde. Hmm hmm. Ok, ça y est, je vois.

Je vois.

Je vois un vol frénétique de papillons qui s’envolent à mon approche.

Je vois quelques nuages solides qui tentent de masquer enfin le soleil, nullement résigné.

Je vois une possible dernière échancrure que je m’interdis pourtant de regarder intimement. Mon regard s’échappe, mon esprit s’arrime.

Je vois les ultimes eaux chaudes de la Gimone s’écouler et scintiller.

Je vois un sourire par en dessous et des yeux bas qui m’enflamment.

Je vois certains feuillages se préparer à l’automne, d’autres déjà tannés, prêts à choir. La « résilience » est engrangée, inféodée à subir.

Je vois des cieux lumineux et une étoile filante granuleuse.

Je vois les palombes locales faire des oscillations douces en vol.

Je vois des camions de livraison en trombe qui s’affirment sur des routes étroites tels des parvenus farauds.

Je vois des parents heureux sans enfants.

Je vois des enfants heureux sans parents.

Je vois le bonheur chancelant d’une goutte qui chut d’un toit.

Je vois l’herbe verte après une pluie fine.

Je vois une peau qui picote à la fraîcheur reconquise.

Je vois une pêche de vigne qui bigarre la campagne.

Je vois…

Je vois…

Je vois l’inquiétude d’un après menaçant.

Je vois la fin.

Fin. 

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Le paradis brun

Publié le par BLANCAFORT

Le paradis brun

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