Là las land
Hello les blogos ! Lasse faire la blogose !
Pourquoi suis-je ainsi las de tout ? Pourquoi cet accablement intrusif gâche-t-il à ce point les menues joies quotidiennes, bien que furtives, et pourtant impératives ? Pourquoi, cependant acquis à toutes ces nobles causes, suis-je si usé et irrité par les discours et diatribes envers les affres mortifères de notre époque ? Pourquoi cette lassitude ? Est-ce cette anxiété contemporaine, tant référencée, cette solastalgie qui muselle la force d’âme ? Une âme que, depuis longtemps, je considère comme nulle et non avenue. Et pourtant, je sens bien qu’elle se tarit.
Mais je suis las.
Je suis las du fond qui néglige la forme.
Je suis las d’ouïr qu’un film n’est qu’un « aimable » divertissement.
Je suis las de l’art contemporain qui merdifie le beau et qui n’est contemporain que par le gigantisme.
Je suis las des individus qui se rendent à la fondation Louis Vuitton admirer la spéculation faite thune triviale et colorée.
Je suis las de cette mode insensée qui glorifie les maîtres queuses et queux plus adeptes des pinces à épiler que des cuillères.
Je suis las des émulsions et autres alchimies précieuses.
Je suis las de trier consciencieusement mes poubelles pour sauver la planète.
Je suis las de l’inculture et de l’affirmation de celle-ci.
Je suis las du tout-numérique et de sa prépotence forcée.
Je suis las d’associer le travail à l’émancipation de l’être.
Je suis las d’allier la démographie à l’équilibre financier des systèmes de retraite.
Je suis las du bouchon en plastique aggloméré au goulot.
Je suis las de l’hygiénisme, de la tolérance zéro et de la sécurité tyrannique.
Je suis las du « parler vrai ».
Je suis las des opinions des gnous.
Je suis las de tant différencier les dictatures du Sud des démocraties du Nord.
Je suis las de la nécessité de la modernité.
Je suis las de l’aveuglement du dopage dans tous les sports professionnels.
Je suis las du ruissellement attendu.
Je suis las de la méritocratie inique.
Je suis las des chanteuses molles qui susurrent leur mal-être.
Je suis las des repentis.
Je suis las des débats frelatés.
Je suis las des mensonges qui, répétés à l’envi, font une vérité.
Je suis las des salons professionnels du bien-être.
Je suis las d’être las.
Je suis là…
… et combien j’en suis heureux.
Vivement l’automne !
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