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Puis pluie

Publié le par BLANCAFORT

 Hello les blogos ! Singin’in the rain the blogose !

 

Hier soir, alors que mes fantasmes me harcelaient et me tiraillaient la couenne, un songe étrange et pénétrant vint s’immiscer entre les croupes et les galbes de mes chimères Chimènes errantes. J’étais alors dans une plaine aride et déserte, et, soudainement, une infinie forêt de bâtons de pluie se dressait devant moi. Des bâtons de pluie de formes et de hauteurs différentes les unes des autres, aux essences de bois variées. J’y entrais et, à chacun de mes pas, lesdits bâtons résonnaient et faisaient naître une musique cinglante et grêlante, douce et enveloppante. Mes Chimènes se sont évaporées et, tout autour de moi, des milliers de gouttes, s’échappant des bâtons rompus à mes frôlements, dansaient, virevoltaient et, aussi soudainement que la forêt survenue, se sont amalgamées pour former un lit de rivière, lequel m’a porté haut dans le ciel. C’est alors que le plumard de gouttes s’est mué en un immense nuage recouvrant l’entièreté du ciel. Me penchant au travers de cette nue pommelée, j’ai pu voir, au-delà de la forêt de bâtons de pluie qui persévérait à geindre une mélodie déstructurée, la plaine aride et déserte se contracter comme en attente d’un événement bienveillant. C’est alors qu’il advint. Une pluie nourrie déchira le nuage et tomba abondamment. Un déluge de cordes et de hallebardes vint balayer et fracturer la plaine de mille coups aqueux et… et subit… vous savez quoi ? Mon rêve s’est terminé aussi sec, paradoxe moite. Figurez-vous que je m’étais pissé dessus, version moutard et morve dans les narines. Quel con ! Merdre de merdre ! C’est cette putain de sécheresse à la con qui me fait déconner à pleins tubes. Me pisser dessus à mon âge, ça frise l’incontinence urinaire. Une sénescence programmée dont j’aimerais bien me passer.

Ploum Ploum !

Tiens en parlant de sénescence, notre planète y est de plain-pied. Localement, dans le Gers, en Astarac par ailleurs, la campagne est dramatiquement morose. Tout est sec, les restrictions d’eau sont actées, les rivières ressemblent à des rus menus, les herbes craquent sous les godillots et les arbres font pitié et miséricorde. Le vert s’efface et Monet serait bien emmerdé avec sa palette spécialement préparée pour ses nymphéas.

Il faut faire quelque chose. Dont acte.

Non, je ne vais pas voter pour changer les choses, ni défiler, ni même protester tel un lycéen gouapeur de rien, ni torréfier le cul de Nuñez, que nenni, je vais faire ce que je sais faire, ni plus ni moins ; je vais exécuter la danse de la pluie, chère à Vrai-Faucon, le sorcier cherokee, plumitif turquoisé des sieurs Morris et Goscinny.

Ploum Ploum derechef !

Musique !

La danse de la pluie

C'est sans espoir

Mais danse quand même

Danse de tout ton cœur

La danse de la pluie

Surtout le soir

Par lune bien pleine

De corps et d'esprit

La meilleure méthode est celle d'un sachem

Qui vit entre Jackson et Abilene

Il utilise une poignée de poudre d'orties

Et des crottes de chauves-souris

Ça marche surtout pendant la saison

Où il va bientôt pleuvoir de toute façon

Mais il arrive parfois que ça marche vraiment

Et c'est inexplicablement

La danse de la pluie

Qui est sans espoir

Mais qu'on danse quand même

Le soir au fond des bois

La danse de la pluie

Surtout le soir

Par lune bien pleine

De corps et d'esprit

La danse de la pluie

C'est sans espoir

Mais on danse quand même

Le soir au fond des bois

La danse de la pluie

Surtout le soir

Par lune bien pleine

De corps et d'esprit

Chez nous la méthode est un peu diverse

À base de techniques maladroites et perverses

Comme disait le baron Zepp'lin au général Maginot

À la bataille de Waterloo

Un peu de neutron, de goudron, de béton

Bien remuer le tout dans un vaste chaudron

Comme disait Duschnock au pauv' plouc qui avait fait le Titanic

À la bataille de Crèvesalemec

La danse de la pluie

C'est sans espoir

Mais danse quand même

Sous ton parapluie

La danse de la pluie

Quand vient le soir

Les pluies sont acides

Et le monde est amer.

 

Nino Ferrer

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Ruissellement

Publié le par BLANCAFORT

Ruissellement

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Après 68, 69 !

Publié le par BLANCAFORT

Après 68, 69 !

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Gaza

Publié le par BLANCAFORT

Gaza

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Hot tonne !

Publié le par BLANCAFORT

Hello les blogos ! Hot tonne la blogose !

 

(…) Sarah retroussa la manche de son tee-shirt sur son épaule, découvrant ainsi une peau blanche et lisse. Avec son majeur posé dessus, elle esquissa une arabesque byzantine qu’elle répéta mécaniquement, telle une caresse instinctive et intime. Elle se replongea de concert dans son livre.

Attirée par ces entrelacs charnels, Juliette, sa voisine de terrasse, suivait les mimiques du majeur actif de Sarah et ouvrit grand son imaginaire. Elle se figurait amante, et le doigt de l’inconnue, le sien. De galbes en galbes, de circonvolutions en arabesques lascives, elle descendit le long du corps de sa proche voisine, inconsciente du désir qu’elle suscitait malgré elle. Juliette, dont les picotements au ventre ne cessaient d’affluer, atteignit les berges renflées du ru d’abondance. Elle s’y attarda et, tel le flux et reflux d’une mer dans une étroite calanque, elle mêla son majeur et désormais son index aux parois humectées de jus, découvrant les courbes et creux, les sinuosités et les anfractuosités confidentielles et ardentes de ce ru génésique. Une bouffée caniculaire la saisit et mit ses sens en vrac, comme mus par un big-bang originel.

Surprise par ce déchaînement sensoriel et chimérique, Juliette détourna son regard de Sarah, la belle inconnue faiseuse d’arabesques, et reprit ses esprits en terminant son expresso cul sec. Désarçonnée, bien qu’amusée, elle regarda ses doigts et les sentit comme pour mieux se convaincre du délire passager. L’odeur était sienne. Elle sourit et s’apprêtait à partir. Elle héla le garçon de café et…

-Pardon ?

Juliette leva la tête et vit Sarah debout devant elle. Un frisson. L’échine tendue.

-Oui ?

-Je suis désolée de vous importuner, mais auriez-vous du feu s’il vous plaît ?

Juliette, en même temps que son trouble, aperçut le livre que tenait Sarah dans sa main : « Passion simple » d’Annie Ernaux. De son autre main, elle tenait une cigarette longue et fine.

-Euh oui… je… je suis en feu.

-Pardon ? Vous voulez dire que vous avez du feu ?

Juliette se désintégra et son visage s’empourpra, des joues au front.

-Bien… bien entendu ! C’est ce que je voulais pire… euh… dire.

Ce n’était plus un balbutiement chargé de lapsus, c’était un naufrage. Juliette sortit son feu et alluma, elle-même, la cigarette de Sarah.

L’une et l’autre se regardèrent et le temps, un temps diffus, fut suspendu.

-Merci pour le feu… en vous…

Touchée, coulée ! La bataille navale était pliée d’avance. Juliette tenta un semblant de contenance.

-C’est… c’est l’aut…

-Hot ?

-… l’automne.

-J’aime beaucoup ! (…)

Retrouvez les aventures de Juliette, l’automne prochain, en 2027, après avoir, une fois de plus, perdu aux élections.

Vivement aujourd’hui !

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Automne

Publié le par BLANCAFORT

Automne

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Scrogneugneu !

Publié le par BLANCAFORT

Scrogneugneu !

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Portrait abscons !

Publié le par BLANCAFORT

Portrait abscons !

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Là las land

Publié le par BLANCAFORT

Hello les blogos ! Lasse faire la blogose !

 

Pourquoi suis-je ainsi las de tout ? Pourquoi cet accablement intrusif gâche-t-il à ce point les menues joies quotidiennes, bien que furtives, et pourtant impératives ? Pourquoi, cependant acquis à toutes ces nobles causes, suis-je si usé et irrité par les discours et diatribes envers les affres mortifères de notre époque ? Pourquoi cette lassitude ? Est-ce cette anxiété contemporaine, tant référencée, cette solastalgie qui muselle la force d’âme ? Une âme que, depuis longtemps, je considère comme nulle et non avenue. Et pourtant, je sens bien qu’elle se tarit.

Mais je suis las.

Je suis las du fond qui néglige la forme.

Je suis las d’ouïr qu’un film n’est qu’un « aimable » divertissement.

Je suis las de l’art contemporain qui merdifie le beau et qui n’est contemporain que par le gigantisme.

Je suis las des individus qui se rendent à la fondation Louis Vuitton admirer la spéculation faite thune triviale et colorée.

Je suis las de cette mode insensée qui glorifie les maîtres queuses et queux plus adeptes des pinces à épiler que des cuillères.

Je suis las des émulsions et autres alchimies précieuses.

Je suis las de trier consciencieusement mes poubelles pour sauver la planète.

Je suis las de l’inculture et de l’affirmation de celle-ci.

Je suis las du tout-numérique et de sa prépotence forcée.

Je suis las d’associer le travail à l’émancipation de l’être.

Je suis las d’allier la démographie à l’équilibre financier des systèmes de retraite.

Je suis las du bouchon en plastique aggloméré au goulot.

Je suis las de l’hygiénisme, de la tolérance zéro et de la sécurité tyrannique.

Je suis las du « parler vrai ».

Je suis las des opinions des gnous.

Je suis las de tant différencier les dictatures du Sud des démocraties du Nord.

Je suis las de la nécessité de la modernité.

Je suis las de l’aveuglement du dopage dans tous les sports professionnels.

Je suis las du ruissellement attendu.

Je suis las de la méritocratie inique.

Je suis las des chanteuses molles qui susurrent leur mal-être.

Je suis las des repentis.

Je suis las des débats frelatés.

Je suis las des mensonges qui, répétés à l’envi, font une vérité.

Je suis las des salons professionnels du bien-être.

Je suis las d’être las.

Je suis là…

… et combien j’en suis heureux.

Vivement l’automne !

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Vieux dessin et hommage

Publié le par BLANCAFORT

Vieux dessin et hommage

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