Publié depuis Overblog
Hello les blogos ! Quel bide hé la blogose !
« Raclure de bidet »
Ce n’est pas le genre d’insulte qui s’emploie avec légèreté. Il est vrai que « bidet » et « raclure » ne suscitent pas, loin s’en faut, de belles images guillerettes.
Malgré tout, et quoi qu’il en soit, au regard de certains individus peu recommandables — éminent doux euphémisme —, il se pourrait bien que cette pénétrante insulte minimise paradoxalement son véritable impact. Et ces individus, dont la recommandation se dispense, sont légion. À tel point, à l’instar des étoiles dans un ciel nocturne, qu’on ne saurait lesquels distinguer. Arnault ou Pinault ? Glucksmann ou Hollande ? Emmanuel ou Donald ? Bibi ou Baba ? J’en passe et des bien pires aînés. Mais il serait préjudiciable d’omettre également les lambdas, les anonymes et les effacés des médias : le major de police CRS de Belsunce, le boucher-charcutier de la place de la mairie, l’expert-comptable du boulevard Haussmann ou le cafetier du PMU des amis. Mais bon, alors même que je vulgarise cette ancienne insulte, les bidets ont disparu de nos salles de bains, je m’interroge sur sa pertinence. Plutôt que d’insulter, ne serait-il pas temps, malgré la difficulté, de respecter (l’antonyme d’« insulter ») l’autre et de le créditer ? À force, par exemple, de traiter de « fachos » celles et ceux qui pourtant le méritent, ces derniers ne cessent de grossir. Paradoxe navrant. Et s’il m’arrive, avec amabilité, de qualifier Bolloré de « raclure de bidet », en or, celui-ci sera toujours enorgueilli que l’on parle de lui, même en mal, et, à l’instar de la grenouille face au bœuf, d’accroître son pouvoir délétère.
Dès lors, je vais révérer. Et dans cette révérence voulue, peut-être serais-je tenté de féminiser, à la différence des raclures suscitées, mon propos et les individus.
Ploum Ploum !
Je révère la directrice, terme grossier qu’elle réfute, bénévole, il va sans dire, du Secours populaire de Trifouillis-les-Oies. Je révère le-la postière qui, malgré l’iniquité, bavarde avec Trucmuche en arrêtant le moteur de son véhicule. Je révère les auxiliaires de vie qui, fortes de leurs très gros salaires, prennent le temps de tenir gracieusement la main du vioque qui glaviote. Je révère le Syrien qui décrasse, au fin fond d’une cave sans fenêtre, les assiettes grasses de Jordan. Je révère le barman qui, sans sourciller et sans juger, sert tout aussi bien, souriant, un kombucha qu’un pastis. Je révère celui qui sait, de se taire. Je révère Samiah, la femme de ménage des bureaux de Total, qui attend le retour de Mohamed, parti joyeux livrer, un soir de pluie, des Deliveroo magiques, en lisant un roman policier dénigré par les critiques germanopratins. Je révère la lectrice qui, à elle seule, porte en elle la littérature. Je révère l’anonyme qui embellit la vie en souriant. Je révère le pauvre con qui marne dru pour espérer gagner plus. Je révère le promeneur solitaire qui erre sans but. Je révère la mort qui répond favorablement à celle ou celui qui la sollicite. Je révère le non-ambitieux. Le révère le curé qui ne parle jamais de religion. Je révère le flic qui pose les armes.
Je révère l’automne.
Mais bordel de fiel, qu’il pleuve ! Raclure de bidet !
/image%2F1467336%2F20261015%2Fob_aacdb9_cci-000687.jpg)
/image%2F1467336%2F20261015%2Fob_ea4a47_cci-000686.jpg)
/image%2F1467336%2F20261015%2Fob_27b33d_cci-000688.jpg)
/image%2F1467336%2F20261015%2Fob_ef54ac_cci-000685.jpg)
/image%2F1467336%2F20261009%2Fob_692280_cci-000682.jpg)
/image%2F1467336%2F20261009%2Fob_0aa9fb_cci-000684.jpg)
/image%2F1467336%2F20261009%2Fob_bf754a_cci-000683.jpg)
/image%2F1467336%2F20210115%2Fob_b1bbd9_buveur1.jpeg)