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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 07:29

Hello les blogos ! Tu rimes la blogose ?

 

Pierre de Ronsard, devenu poète à la suite d'une surdité subite qui l'empêcha de poursuivre une carrière militaire ( Bienheureux handicap !), en son prieuré de Sainte-Cosme, avait pour habitude de rêvasser dans son vaste jardin avec une grâce épicurienne qui manque cruellement en ces temps disgracieux.

Cassandre Salviati, fille d'un seigneur florentin, qui en pinçait pour le "Prince des poètes" mais qui n'en goûtait pas pour autant son dardant aiguillon, un jour, décida de rompre un silence que trop romantique et vint à sa rencontre en ce 24 avril 1579.

Elle le trouva accroupi devant un parterre finement biné, triturant une motte, qu'elle voulût bien sienne.

- Ô Maître Ronsard, dit-elle un peu plus carminée qu'une rose éclose, je venais à votre rencontre pour vous implorer une chose bien cavalière mais qui me tient à coeur.


Ronsard, qui souffrait tant et plus de maux douloureux que seul un catholique fervent pouvait espérer à l'époque pour atteindre les cieux par sa foi inaltérable, ne se releva pas et se contenta de tourner la tête d'une manière aimable et amicale. D'autant plus que la pitchoune florentine était d'agréable constitution et plus que galbée en ses étoffes cintrées.

- Oui ? dit-il en un souffle épique où se déployait son génie oratoire et satirique qui avait tant fait pour les faveurs de Charles IX, l'affable ordonnateur du joyeux massacre de la Saint-Barthélemy.

- Maître Ronsard, enchaîna l'ardente zélée, je vous guette depuis longtemps et je connais vos sonnets pétrarquistes qui encensent un amour secret ( qu'elle tenait pour elle à vrai dire) et je voudrais entendre de votre bouche, ne serait-ce qu'un vers, un seul ! Donnez-moi un vers, je vous prie, donnez-moi un vers !


Le "Prince des poètes", si décrié par la suite par Malherbe et Boileau, deux tristes sires, se releva non sans mal et déposa dans la main de Cassandre un présent bien singulier.

La belle florentine regarda la paume de sa main et vit, horreur terrestre, un ver, cylindrique et mou, telle une verge peu érectile.

- Mais c'est un ver ! s'écria-t-elle en rejetant l'annélide d'un geste de dégoût.

- Vous m'avez bien demandé un ver ? répondit le truculent poète avec un sourire satisfait. En voilà un de terre, continua-t-il, qui constitue je dois le dire la plus parfaite oeuvre de Dieu et sans doute le premier être vivant à travailler les sols et à les rendre si fertiles pour que poussent entre autres les roses, mes fleurs tant aimées et qui m'ont permis de versifier sans fin. Je ne pouvais vous faire que plus précieux cadeau ! Adieu mademoiselle et bien l'bonjour chez vous !


Pierre de Ronsard s'en fut, non sans regretter toutefois les courbes plus que palpables du portrait peu craché de Sophia Loren dans La diablesse en collant rose, et il s'en retourna trousser une villanelle à défaut de jupon.

La belle Cassandre quant à elle, dépitée et plus que jamais sèche, s'en fut noyer son chagrin dans un verre d'Alexandrie et bien moins en alexandrin qu'elle ne pût l'espérer.

 

On l'entendit chanter à la fermeture du troquet, sur le trottoir et bourrée comme un coing, les quelques vers du Pierrot peu transi :

" Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain;

  Cueillez dès aujourd'hui les rosses de la vie !"


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Published by lalmanachronique
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