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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 08:31

Hello les blogos ! Ah enfin la blogose !

 

Alors que je m'apprêtais à fêter dignement le retour à une certaine réalité plus sociale qu'événementielle, un rappel aux fondamentaux afin de réévaluer la grandeur de l'esprit à la lumière comparative des différents problèmes économiques de la société ( ça en brasse du vent !), voilà-t-il pas qu'une nouvelle sépulcrale en ce matin embué est venue me faucher l'herbe sous le pied, alors que tout était mis en oeuvre et de fort belle manière pour la fumer !

Claude Duneton est mort. Ce personnage haut en couleur, corrézien et admirateur d'Alexandre Vialatte, ce qui en soi est signe de santé mentale, était un dénicheur de locutions et d'expressions françaises dont il cherchait les origines et l'étymologie.

Pour une première approche à la linguistique, c'était un croustillant précepteur et pédagogue hors pair. N'en déplaise aux grincheux de la philologie populaire !

A ce propos, je vous conseille "La puce à l'oreille", recueil parfois grivois et toujours captivant.

Et dans celui-ci, au chapitre du travail, je ne résiste pas, en hommage à l'esgourdeur sautillant, à vous citer le préambule.

" Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le monde du travail n'a pas donné grand-chose à la langue, du moins dans le domaine des locutions courantes. L'artisanat a eu beau fourmiller en façons de parler pittoresques, en images, en comparaisons alertes prises aux outils, aux gestes quotidiens, c'est une parole qui, en France, n'a jamais été reconnue. Au fond, c'est assez logique; à aucun moment le langage du travail ne s'est trouvé en contact étroit avec les deux pôles extrêmes qui ont été les véhicules majeurs de notre langue : le monde des voyous d'une part, plus hostile encore aux travailleurs qu'à quiconque parce qu'ils en étaient plus proches et aussi les victimes les plus ordinaires _ et à l'opposé celui de la bonne société, le beau monde qui ne pouvait avoir que mépris souverain à l'égard des besogneux."

On serait tenté de dire que rien n'a changé depuis. Les uns sont devenus les voyous de la République, RSA mon amour et chômage toujours; et les autres, les toujours nantis, restant ad vitam aeternam eux-mêmes et irrésistiblement eux-mêmes !

Plus loin, dans sa recherche étymologique de l'expression "avoir bon dos", Claude Duneton mentionne un dialogue singulier tiré des caquets de l'accouchée, sous Louis XIII, le non-queutard misogyne plus catholique que con. C'est dire !

" - Il y a tant de pauvres maintenant, dit une fruitière des Halles, que nous en sommes mangés. Je ne sais comment on ne fait pas un règlement sur le désordre...

- Il y a un moyen très facile d'y remédier, dit la veuve d'un échevin. Premièrement, ou les pauvres sont impuissants, ou habiles à faire quelque chose : si impuissants des bras, il faut les employer aux réparations de la ville, ils ont bon dos; si impuissants des jambes, il faut les mettre en un lieu à part, et leur apprendre à travailler des mains s'ils peuvent faire quelque chose, à quoy bon de voir tant de gueux par les rues ? Mercy de ma vie ! J'en parle comme sçavante, car dernièrement ils me pensèrent voler en mon logis !"

Plus de quatre siècles et à peine une ride !

Merci Claude !

Qu'il en soir remercié et salué bien bas.

Dans la fosse !



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Published by lalmanachronique
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