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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 05:31

Hello les blogos ! Très tôt, mate la blogose !

 

Aaaaaaaaaaah ! Je jouis ! Je jouis et plutôt bien !

Non, ne croyez pas que cela soit lié à ces fameux ébats lubriques dont l'homme et le renard seuls savent tirer profit, tout du moins dans les préliminaires, que nenni, je parle d'une toute autre jouissance, bien plus prégnante, une jouissance qui ne nécessite nulle engeance autre que la sienne, qui ne se rabaisse pas à se baisser, tel un gastéropode écumeux, pour gnougnouter la corolle ou je ne sais quelle étamine tuméfiée, non. Je parle de l'unique jouissance prééminente capable de susciter des spasmes allègres, la source inépuisable d'orgasmes gustuels, oui, vous avez bien lu, d'orgasmes gustuels, gustuel, goût, chers à Brillat-Savarin, ce gros con qui, non content de célébrer l'épicurisme, a consigné dans sa "Physiologie du goût" un aphorisme dévastateur : "Ceux qui s'indigèrent ou qui s'enivrent, ne savent ni boire, ni manger." Pour dire le con ! Nenni derechef ! Je parle de la jouissance que procure la manducation d'une tomate. Mais alors, la TOMATE du jardin potager. LA TOMATE !!! La délectation voluptueuse de croquer une tomate croque-sel, acque de l'ail ! La tomate ! Mais attention, la tomate oui, et même certes, mais pas n'importe quelle tomate. Je cause tomate du jardin, tomate potagère, de celle qui lie les sens, de celle qui florès au soleil, qui exhale une fragrance terreuse, qui, tel un cul, voire même le feutré berlingot turgide, appelle la concupiscence et la gourmandise. Je ne parle pas de cette tomate polymèrienne extrudable à base de propylène-benzylène et qui fait tant pour l'extension de la myopathie du savoir-vivre. Cette tomate leader-price-leclerc-carouf qui, non content d'aggraver la vulgarité gustative chez les sans-dents, engendre le rien et l'informe, le vide et le néant, le oualou et la peau de zébi, à tel point que ces mêmes sans-dents, les geux dégueus qui gueusent, seraient à même de croire qu'En marche, on peut aller loin. Alors que, tout le monde le sait ou devrait le savoir, c'est en faisant parfois du surplace que l'on saisit tout le bienfait de l'immobilité des choses, chère à Patrick Modiano, qui s'y connaît en inertie plaisante et providentielle, bien que parisienne. A ce propos, et afin de clore cette chronique tomatière et étale, voyons, pour cette dernière, ce qu'en disait Jacques de Bourbon Busset : " Les corneilles tournoient, jacassent, s'agitent en tous sens. Deux cents mètres plus loin, un hibou. Son immobilité me plaît. Réfléchir sans agir, plutôt qu'agir sans réfléchir."

Soyons immobiles et becquetons des tomates potagères !

Vive l'été !

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Published by BLANCAFORT
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